Recycling bins
18 juillet 2018

« Zero Déchet » : décryptage d’une tendance qui monte

Si on vous dit « ZD », vous pensez Notre-Dame-des-Landes et vous vous dites qu’il manque le A ? Perdu ! « ZD », ce sont les initiales de « Zéro Déchet », une thématique qui a véritablement fait surface en 2016, après avoir été popularisée par une Américaine du nom de Bea Johnson quelques années plus tôt. Initialement portée par les mères de famille, selon les analyses menées par Dynvibe, spécialiste de la veille stratégique sur les médias sociaux, la tendance ZD s’inscrit dans le prolongement de celles du bio, du « vegan » / « végétarisme » ou encore celle du « slow life » (ce nouvel art de vivre qui prône la « vie au ralenti » et le bien-être zen). L’approche se veut collaborative et ludique, l’idée étant de partager avec le reste de la communauté ZD les bonnes pratiques et conseils pour réussir à modifier ses habitudes au quotidien. Depuis 2016, les réseaux sociaux, et par extension Internet, ont d’ailleurs servi de canal privilégié pour permettre à cette tendance de se populariser.

Chez OneChocolate, nous avons mis en place quelques actions allant dans ce sens, en offrant à chaque membre de l’équipe une boîte Bento pour aller chercher ses repas dans les points de vente aux alentours et diminuer les quantités de plastique consommées, en choisissant des marques de café équitable, ou encore en refusant de prendre les couverts en plastique fournis par les enseignes de restauration autour et en privilégiant les couverts lavables que nous avons à l’agence. Aujourd’hui, nous avions envie d’en savoir plus sur la tendance zéro déchet.

Le mouvement ZD a récemment pris de l’ampleur, en réaction aux actualités alarmantes qui nous parviennent des quatre coins de la planète, relayant notamment l’existence d’un nouveau continent entièrement composé de déchets plastiques sur l’océan, la disparition irrémédiable d’espèces animales ou encore, récemment, des photos de « rivières de plastique » dans certaines villes d’Asie. La prise de conscience, si elle avait déjà commencé à se faire, devient plus forte, surtout quand on sait que les déchets plastiques devraient atteindre 12 milliards de tonnes d’ici 2050 sur la Terre.

Si le terme « Zéro Déchet » peut faire peur et en décourager plus d’un avant même de se lancer, il est important de préciser que la démarche se veut progressive et mesurée, car le but essentiel est de tenir ces habitudes sur la longueur. Il faut donc prendre les choses petit à petit, étape par étape, en réduisant progressivement la consommation de plastique par exemple, et en optant pour de nouvelles pratiques comme le DIY (Do it yourself, qui signifie « fait maison ») pour fabriquer des produits qu’on avait l’habitude d’acheter dans le commerce avant : produits de beauté et d’entretien ménager, meubles, ustensiles… Des sites internet comme Pinterest et Etsy sont des références mondiales incontournables pour tout apprenti « DIYer ».

Car la méthode ZD ne concerne pas que le tri des déchets, comme on pourrait le croire de prime abord, mais concerne tout ce qui constitue nos habitudes quotidiennes. Savez-vous que, quand vous revendez vos anciens habits ou meubles sur Le Bon Coin, vous mettez en œuvre une démarche ZD ? Pareil lorsque vous choisissez d’offrir en cadeau une expérience plutôt qu’un objet, comme une place de concert ou un cours de cuisine ? Ou encore chaque fois que vous vous munissez d’un tote bag pour aller faire vos courses, plutôt que de racheter un énième sac plastique à 0,02 euros au supermarché. 

Les sites et articles dédiés aux bonnes pratiques ZD sont déjà nombreux sur la toile et continuent de se multiplier au fil des jours et de la prise de conscience qui se répand comme une traînée de poudre. De nombreuses initiatives locales et citoyennes ont également fait leur apparition, sous la forme de challenges ou de groupes d’échanges entre amis, voisins et collègues. C’est le cas, par exemple, du Green Switch Challenge organisé par un groupe de voisins entre mai et juin, et qui s’appuie principalement sur un groupe Facebook et des rencontres en face à face (débats, compteur de « green petits pas », visites d’éco-lieux).

Autre signe de la montée en puissance du mouvement : la Maison du zéro déchet, ouverte dans le 18e arrondissement de Paris en 2017 par l’association Zero Waste France, et qui propose une boutique de produits ZD et des ateliers thématiques, affiche complet, aussi bien côté touristes que consommateurs locaux. L’association a même organisé fin juin la deuxième édition de son festival au Cabaret Sauvage.

Les sceptiques pourraient être tentés de qualifier cette tendance de « bobo parisienne » mais ils auraient tort, car les initiatives ZD bourgeonnent aussi ailleurs qu’à Paris, par exemple à Roubaix. Sans parler de toutes les personnes qui pratiquent déjà le compostage chez eux car ils ont la chance de posséder un jardin où l’installer. Alors, ça vous tente de passer à un mode de vie « zéro déchet » ?


Elodie Buch