09 mai 2018

Instant lecture : « À l’aube devant la plaine », un polar sur les routes australiennes

Dans la catégorie « Nos collègues ont un incroyable talent », nous demandons Elodie (que nous vous présentions ici-même le mois dernier). Account Manager chez OneChocolate le jour, Elodie est également auteure ! Elle nous parle cette semaine de son roman À l’aube devant la plaine, qu’elle a auto-publié l’été dernier sur Amazon.

Quand on pense à l’Australie, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles de kangourous bondissant à travers les plaines sous un soleil de plomb, ou bien celles de jeunes hommes ou jeunes femmes sveltes à la tignasse blonde, se rendant à la plage avec leur planche de surf sous le bras. « Tout cela est vrai ! » nous confirme Elodie. « Mais quand je me suis lancée dans l’écriture de ce roman à mon arrivée en Australie en 2014, j’ai opté pour un point de vue moins cliché de ce pays, suivant les traces de l’auteur Douglas Kennedy, qui en avait déjà dressé un portrait assez terrorisant dans Piège Nuptial (ou Cul-de-sac selon les éditions) ».

À l’aube devant la plaine, en quelques mots

L’Australie dans laquelle se déroule l’intrigue de ce roman n’a rien à envier aux ambiances glacées des romans policiers suédois, ni aux grands espaces de la série polar Top of the Lake. Si le soleil brille la plupart du temps, l’environnement n’en est pas moins glauque et menaçant.

L’histoire commence quand Alex, un jeune Français en quête d’aventures et d’exotisme, débarque à Sydney pour y passer les douze mois suivants. A peine arrivé, une mauvaise rencontre l’entraîne malgré lui dans une affaire de stups opposant un gang irlandais à des voyous australiens. Lui qui se croyait protégé de tout, blasé par la vie facile et toute tracée qu’il menait à Paris, va devoir faire preuve de courage et de sang-froid pour ne pas se laisser engloutir par les événements qui l’attendent lorsque son chemin croise celui de Conor, gangster irlandais à la personnalité mystérieuse et aux tourments insondables, dont on va progressivement découvrir l’histoire.

La deuxième moitié du roman réunit ces deux personnages sur les routes australiennes, des banlieues de Sydney aux étendues rouges, en passant par les Blue Mountains et un village aborigène, avec à la clé, de nombreux rebondissements. Ensemble, ils vont vivre un dangereux huis clos où ils se révéleront chacun, à la fois l’un à l’autre mais également à eux-mêmes, jusqu’au surprenant dénouement final.

Découvrir l’Australie comme si vous y étiez

Le premier argument en faveur de ce roman – et il n’est pas négligeable ! – c’est qu’il permet de voyager en Australie (et cela sans devoir faire 24 heures d’avion ni subir 10 heures de décalage horaire). Tout au long de l’intrigue, Elodie nous livre en effet un portrait fouillé de ce pays lointain qu’elle a appris à aimer, des moindres petits détails de sa culture à ses paysages grandioses. Entre les passages qui se déroulent à Sydney et le roadtrip effréné qui s’ensuit à travers les plaines australiennes, on ressort de cette lecture avec une bonne représentation de ce qui se cache sur l’île-continent la plus célèbre du monde.

Autre élément appréciable, l’intrigue de À l’aube devant la plaine réunit deux personnages totalement différents, dans lesquels chacun peut se retrouver : d’un côté, un jeune homme insouciant et à l’aise en société, que la vie a véritablement épargné jusqu’à présent ; de l’autre, un quarantenaire introverti et méfiant, qui a perdu le contact avec ses émotions et ses envies. Leurs parcours respectifs puis leur réunion dans un destin commun soulèvent des questions relatives à la morale, la vengeance, la solitude et l’espoir en l’être humain. Le roman réussit ainsi à donner une place importante aux émotions et à l’environnement dans lequel se déroule l’histoire, sans jamais délaisser l’action.

On vous recommande donc chaudement ce polar rythmé et bien mené, qui vous tiendra en haleine jusqu’à la fin. C’est aussi l’occasion de soutenir une jeune auteure, de l’aider à faire parler de son roman, pour espérer, un jour peut-être, le voir publié par une maison d’édition.

Disponible sur Amazon, en version brochée ou ebook.